Thierry, son papa, estime que Axel a le temps : "Il peut encore franchir un palier avec le Standard"
Regarde celle-là, c'est quand tu as gagné un tournoi au Standard avec Visé."
Dans la maison familiale à Rocourt, Sylvie, la maman d'Axel Witsel, pointe une ancienne photo collée dans un album. "Oui, c'était mon premier match à Sclessin ! Sous le maillot de Visé. Il y avait pas mal de monde. Et on avait battu le Standard en finale !" se souvient Axel.
Au fil des pages, on se rend compte du chemin parcouru. Des débuts à Vottem avec Jean Jadot (ex-joueur du Standard décédé il y a un an) comme entraîneur puis un départ à Visé avant de débarquer au Standard à 8 ans.
"Ils avaient un bon groupe à Visé , relate Sylvie. Le Standard est venu une première fois le chercher mais Axel a refusé pour rester avec ses amis. L'année suivante, le Standard est revenu. Il disait déjà à l'époque qu'il voulait devenir footballeur pro , qu'il voulait jouer à la télé... Il a dû choisir entre le foot pour les copains et le foot pour être pro . On lui a bien dit qu'il devrait avoir de la chance et travailler. Pour percer, il faut vraiment être mordu . Quand on se consacre au foot, on n'a pas une vie comme les autres jeunes de son âge... Pas de sortie, pas de copine, peu de temps libre car on doit combiner le foot et les études... Encore aujourd'hui, ce n'est pas facile."
Mais Axel Witsel a été habitué depuis tout petit à viser toujours plus haut pour progresser. "Son papa a toujours été très sévère. Il l'a toujours poussé à s'améliorer. Moi, j'étais là pour le consoler. Avec l'aide de sa s½ur, Whitney qui a 15 ans. Même Shirel, notre dernière qui va avoir 3 ans, défend son grand frère quand son papa le critique. On est à trois contre un..." (rires)
Des critiques, la famille Witsel en a aussi eues lorsqu'Axel est arrivé chez les pros. "Certains ont dit que c'était parce que son papa entraînait les U11 du Standard. Sans doute de la jalousie. Mais les critiques font avancer."
Axel a répondu sur le terrain et pourrait bientôt décrocher un gros transfert. "Je crois que c'est pour moi que ce sera le plus difficile , dit Sylvie. Ne plus le voir tous les jours, cela ferait un changement puisqu'il habite toujours ici... Ce ne serait pas possible de le suivre, on a deux autres filles et je travaille. Jusqu'ici, quand il part, on sait qu'il va revenir. Mais un jour, il prendra son envol..."
Et ce jour-là, Axel sera suivi par sa petite amie, Maud (22 ans), avec qui il est depuis un an et qui est prête à quitter son travail et sa vie en Belgique pour le suivre.
Pour Thierry Witsel, ce jour-là n'est pas forcément imminent : "Chaque homme, pas seulement les joueurs de foot, veut progresser. Le fait de l'avoir dit tôt dans la saison ? Il n'y a pas de bon ou de mauvais moment pour dire Je t'aime à nos femmes... Axel a dit qu'il voulait progresser. Mais il peut encore franchir un palier avec le Standard. Par exemple en allant chercher la C1. Mais on a vu avec Marouane que tout peut aller vite si une offre qui ne se refuse pas arrive..."
Le jour où il partira, Thierry suivra son fils mais pas de façon permanente : "Il faudra qu'il s'envole. Il a déjà appris à vivre en tant que pro depuis deux ans. Il devra se prendre en main, il n'aura pas d'autre choix que de s'adapter. C'est un garçon qui a la tête sur les épaules, qui est de plus en plus mature, sur et en dehors du terrain. Il sera prêt. Et en cas de coup dur, il pourra compter sur nous."